Eko Portrait — Vision produit, principes et logique de conception
1. Ce qu'est fondamentalement le Portrait Eko
Le Portrait Eko ne doit pas être un test de personnalité généré à partir de conversations avec une IA.
Il ne doit pas chercher à répondre à :
« Qui est cette personne ? »
Il doit répondre à une question plus précise et plus honnête :
« Qu'est-ce qui prend forme dans les conversations de cette personne avec les IA ? »
Le Portrait observe donc un corpus de conversations comme on observerait une œuvre, une archive ou une pratique.
Il mesure ce qui est effectivement présent dans les échanges :
- comment les conversations commencent ;
- comment elles évoluent ;
- ce que l'utilisateur fait après une réponse ;
- comment une conversation est réparée lorsqu'elle déçoit ;
- quand l'utilisateur contredit, précise, abandonne ou poursuit ;
- comment les sujets se déplacent ;
- comment les conversations se terminent ;
- quels modèles ont participé aux échanges ;
- quelles formes conversationnelles reviennent.
Il ne transforme jamais automatiquement ces observations en traits psychologiques.
Le principe central est :
On compte les formes. On refuse les profondeurs.
2. Pourquoi cette limite est importante
Une conversation avec une IA n'est pas un prélèvement pur de la personnalité de l'utilisateur.
Elle est produite par une dyade :
humain × modèle
Le comportement de l'utilisateur dépend en partie de la manière dont le modèle lui répond.
Un modèle chaleureux, flatteur ou expansif peut produire un humain plus expansif.
Un modèle froid et contradictoire peut produire une autre conversation avec exactement le même utilisateur.
Le modèle n'est donc pas un instrument neutre.
Il fait partie du médium.
Pour cette raison, chaque œuvre ou analyse devrait conserver explicitement sa provenance :
ChatGPT — GPT-5.6
Claude — Opus
Gemini — etc.
Comme dans un musée on afficherait :
huile sur toile, 1889
Dans Eko, le modèle fait partie du cartel.
Le Portrait ne dit donc jamais :
« Cette personne fait confiance aux IA. »
Il peut dire :
« Dans les 18 conversations étudiées, l'utilisateur ne contredit explicitement le modèle qu'une seule fois. »
La première phrase interprète une profondeur.
La deuxième décrit un phénomène observable.
3. Le Portrait analyse la relation, pas seulement la prose
Les métriques purement stylistiques doivent avoir une place secondaire.
La longueur des phrases, le vocabulaire, la ponctuation ou la richesse lexicale peuvent être intéressants esthétiquement, mais ils ne doivent pas devenir des tests de personnalité.
Le cœur du Portrait est la forme de la relation conversationnelle.
Quelques exemples de dimensions pertinentes :
La posture d'arrivée
L'utilisateur arrive-t-il avec une destination précise ?
Exemple :
« Écris-moi un mail pour demander un stage. »
Ou arrive-t-il en cherchant encore la carte ?
« J'aimerais travailler dans une grosse agence mais je ne sais pas comment m'y prendre. »
Eko peut mesurer la proportion de conversations appartenant à chacune de ces formes.
Il ne doit pas en conclure :
« Vous êtes une personne décidée. »
Le geste d'après-réponse
Après la première réponse du modèle, que se passe-t-il ?
L'utilisateur :
- accepte ;
- approfondit ;
- reformule ;
- contredit ;
- demande une variation ;
- sélectionne un détail ;
- change de direction ;
- abandonne.
C'est extrêmement intéressant parce que cela décrit la manière dont une conversation prend réellement forme.
La réparation après déception
Quand le modèle échoue, comment la conversation se reconstruit-elle ?
Exemples :
« Non, ce n'est pas ce que je voulais dire. »
« Presque. Garde le début mais enlève la partie psychologique. »
« Tu n'as pas compris : ce que je veux dire est… »
Le Portrait peut montrer la fréquence et les formes de ces réparations.
Il ne dit pas :
« Vous êtes perfectionniste. »
Il dit :
« Dans 7 conversations sur 12 comportant une première réponse rejetée, l'utilisateur reformule sa demande plutôt que d'abandonner le fil. »
La réciprocité
La conversation n'est pas :
utilisateur → modèle
mais :
utilisateur → modèle → utilisateur → modèle → utilisateur
Chaque tour modifie le suivant.
Le Portrait doit donc être capable d'étudier non seulement les messages de l'utilisateur mais les petites séquences de deux, trois ou quatre tours qui constituent une forme.
Cette unité peut être appelée une dyade ou une micro-séquence interactionnelle.
4. Les neuf strates sont un moteur d'analyse, pas une liste obligatoire à afficher
Le Portrait peut être construit intérieurement autour d'une coupe en neuf strates.
Mais ces neuf strates ne doivent jamais devenir un questionnaire rigide affiché de la même façon à tout le monde.
Le principe devrait être :
9 instruments d'analyse internes → 3 à 5 pièces réellement intéressantes affichées.
Chaque strate doit avoir le droit de ne rien produire.
Si une strate n'a pas suffisamment de signal, Eko ne doit pas inventer quelque chose pour remplir la page.
Le vide doit être possible.
C'est même une différence philosophique importante entre Eko et une IA générative :
Une IA est presque toujours obligée de produire une réponse.
Eko doit avoir le droit de ne rien retenir.
Cette rareté donne de la valeur à ce qui est effectivement sélectionné.
5. Exemple : Statut
Une strate peut observer la fonction générale des conversations exposées.
Exemple de rendu :
STATUT
Quatre pièces, six tours : une seule tâche confiée — les cinq autres demandent à comprendre ; aucune confidence.
Cette phrase fonctionne parce qu'elle est simultanément :
- précise ;
- mesurable ;
- littéraire ;
- courte ;
- intrigante.
Elle ne prétend pas dire :
« Vous êtes intellectuel plutôt qu'émotionnel. »
Elle décrit simplement ce corpus particulier.
Les données détaillées peuvent éventuellement apparaître plus bas :
- 4 conversations analysées
- 6 tours d'ouverture
- 1 demande d'exécution
- 5 demandes de compréhension
- 0 confidence détectée
La littérature vient après les données, mais elle ne les dépasse pas.
6. Exemple : L'Épreuve
Une autre strate peut observer la contradiction.
Exemple :
L'ÉPREUVE
Les œuvres exposées ne contestent jamais la machine. La bande est accrochée vide : l'épreuve n'a pas encore eu lieu.
C'est exactement le type de voix que doit rechercher Eko.
Il ne dit pas :
« Vous êtes crédule. »
Il ne dit même pas :
« Vous faites confiance à l'IA. »
Il dit :
dans ce corpus précis, aucune contradiction explicite n'apparaît.
Le vide devient lui-même une information.
7. La structure fondamentale du Portrait : trois niveaux
Chaque élément du Portrait devrait idéalement pouvoir être séparé en trois couches.
Niveau 1 — Le fait
C'est ce qui est objectivement observable.
Exemple :
31 conversations sur 43 commencent avec une destination déjà explicitement définie.
Cette couche doit être calculable, vérifiable et reproductible.
Niveau 2 — La voix
Eko transforme ce fait en objet lisible et mémorable.
Exemple :
Tu arrives rarement ici les mains vides.
Sur quarante-trois pièces, trente et une commencent avec leur destination déjà nommée.
Les douze autres demandent d'abord la carte.
Cette couche peut être littéraire.
Elle n'est pas prétendue scientifique.
C'est une mise en scène curatoriale des faits.
Niveau 3 — Le sens appartient à l'utilisateur
Eko peut éventuellement demander :
Ça te ressemble ?
Ou :
Qu'est-ce que cela signifie pour toi ?
Si l'utilisateur répond :
« Je remarque souvent ce que je pense seulement après avoir vu une première réponse. »
Alors cette phrase peut être conservée comme :
Annotation de l'auteur
Cette architecture est très importante.
Les profondeurs psychologiques ne sont pas inférées par Eko.
Elles peuvent être déclarées par leur propriétaire.
Le Portrait devient ainsi plus personnel au fil du temps sans devenir un horoscope algorithmique.
8. Ce qu'Eko doit physiquement refuser de produire
Il faut construire un garde-fou au niveau du rendu.
Le Portrait ne doit pas attribuer automatiquement des traits personnels à l'utilisateur.
Exemples à rejeter :
- « Vous êtes curieux. »
- « Vous êtes tenace. »
- « Vous êtes crédule. »
- « Vous êtes solitaire. »
- « Vous êtes dépendant de l'IA. »
- « Vous êtes intellectuellement anxieux. »
- « Vous avez besoin de contrôle. »
- « Vous considérez l'IA comme un égal. »
Ce ne sont pas des observations.
Ce sont des interprétations psychologiques.
En revanche, les adjectifs et métaphores peuvent être appliqués à l'œuvre ou à la conversation.
Acceptable :
« Cette conversation revient obstinément au même problème. »
Non acceptable :
« Vous êtes obsessionnel. »
Acceptable :
« Cette pièce est hésitante dans ses premiers tours puis devient extrêmement directive. »
Non acceptable :
« Vous êtes indécis puis autoritaire. »
C'est une distinction essentielle pour conserver une voix littéraire riche sans psychologiser l'utilisateur.
9. La littérature n'est pas une erreur
Le Portrait ne doit surtout pas devenir une page d'analytics froide.
La littérature reste centrale.
La différence est simplement que son sujet doit être l'œuvre, et non une personnalité cachée.
Eko peut écrire :
« La conversation commence comme une demande technique. Au quatrième tour, la destination disparaît : l'utilisateur ne cherche plus une réponse mais différentes façons de poser le problème. »
C'est une interprétation de la forme de la conversation.
C'est permis.
Eko ne devrait pas écrire :
« Cette évolution révèle une personnalité naturellement introspective. »
Le premier parle de l'œuvre.
Le second prétend connaître l'être humain derrière elle.
La règle peut être résumée ainsi :
La littérature est une licence de mise en scène, pas une licence de diagnostic.
10. La liste de ce que le Portrait refuse devient elle-même une pièce du produit
Eko devrait exposer publiquement ses limites.
Pas uniquement dans une politique de confidentialité ou une page juridique.
Cela peut devenir une vraie salle du Portrait.
CE QUE LE PORTRAIT NE DIRA JAMAIS
Votre intelligence
Nous pouvons observer vos questions.
Nous ne prétendons pas mesurer votre esprit.
Votre personnalité
Une conversation est une œuvre commune entre un humain et un modèle, pas un test psychométrique.
Votre solitude
Certaines recherches tentent aujourd'hui de l'inférer à partir des conversations.
Eko choisit de ne pas le faire.
Votre dépendance
Une fréquence d'utilisation n'est pas une intention.
Votre vulnérabilité
Ce qui peut être calculé n'a pas nécessairement à être calculé.
Puis :
Nous mesurons ce qui s'est passé ici.
Nous ne prétendons pas savoir qui se trouve derrière l'écran.
Cette limitation n'est pas seulement une précaution éthique.
Elle fait partie de l'identité de marque d'Eko.
11. Le principe produit le plus important : ChatGPT produit, Eko dispose
Eko ne doit jamais devenir « ChatGPT avec une meilleure interface ».
Chaque nouvelle fonctionnalité doit passer un test simple :
Est-ce qu'une IA conversationnelle peut déjà faire cela correctement à l'intérieur d'un chat ?
Si oui, il faut se demander pourquoi cette fonctionnalité existe dans Eko.
Exemples de fonctionnalités dangereusement génériques :
- « Résume mes conversations »
- « Pose-moi des questions »
- « Analyse ma personnalité »
- « Donne-moi cinq idées »
- « Discute de ce texte avec moi »
- « Ask Eko anything »
Toutes ces fonctions ramènent Eko au paradigme du chatbot.
Eko doit faire quelque chose d'autre :
prendre ce qui a déjà été produit et lui faire subir une opération.
12. L'IA fait. Eko fait exister.
C'est probablement le principe conceptuel le plus important du produit.
Une IA :
- génère ;
- répond ;
- continue ;
- reformule ;
- développe ;
- produit de nouvelles versions.
Eko :
- retient ;
- sélectionne ;
- coupe ;
- relie ;
- ordonne ;
- contextualise ;
- expose ;
- archive ;
- date ;
- publie ;
- collectionne ;
- donne une provenance ;
- rend durable.
Une conversation de 150 messages n'est pas encore une œuvre.
Eko peut :
- en sélectionner trois passages ;
- conserver leur contexte ;
- donner un titre à l'ensemble ;
- montrer où la conversation change ;
- conserver le modèle utilisé ;
- associer la pièce à une série ;
- permettre à l'auteur de l'annoter ;
- l'exposer publiquement ;
- la relier à une conversation six mois plus tard.
À ce moment-là, Eko n'a pas produit la matière.
Il l'a constituée comme objet.
13. Le temps de ChatGPT est un flux. Le temps d'Eko est une archive.
Dans un chatbot, une excellente idée et une phrase banale finissent toutes les deux englouties sous les nouveaux messages.
Tout y est temporel.
Le prochain tour chasse le précédent.
Eko doit inverser cette logique.
Eko transforme le flux en espace.
Une conversation peut devenir :
- une pièce ;
- une série ;
- une collection ;
- une salle ;
- une exposition ;
- une archive ;
- une étape dans l'évolution d'un projet.
L'utilisateur ne doit plus simplement « remonter son historique ».
Il doit pouvoir habiter son histoire conversationnelle.
14. Conséquence importante pour l'interface
Le centre d'Eko ne devrait probablement jamais être une grande boîte de prompt.
ChatGPT commence avec :
Que voulez-vous faire ?
Eko devrait commencer avec :
ce qui existe déjà.
Les verbes principaux de l'interface devraient être des verbes de curation :
- ouvrir ;
- parcourir ;
- sélectionner ;
- découper ;
- rapprocher ;
- relier ;
- annoter ;
- épingler ;
- déplacer ;
- publier ;
- retirer ;
- exposer ;
- collectionner.
Et non :
- demander ;
- générer ;
- discuter ;
- produire.
Une petite présence d'IA reste possible dans les coulisses, mais elle doit être un instrument de curation, jamais le sujet principal de l'interface.
15. Le Portrait doit être désirable avant d'être méthodologiquement impressionnant
L'utilisateur ne doit jamais commencer son expérience avec :
« Analyse interactionnelle dyadique en neuf strates fondée sur les limites de réplication de CASA. »
La méthodologie est dans les fondations.
L'expérience visible doit être immédiatement belle.
Exemple :
TON EKO
43 conversations · 611 messages · 4 modèles
Puis :
LA DESTINATION
Tu arrives rarement ici les mains vides.
Trente et une pièces commencent avec leur destination déjà nommée.
Les douze autres demandent d'abord la carte.
72 %
Puis éventuellement quelques conversations servant de preuves.
Le produit doit provoquer d'abord :
« Putain, je veux voir le mien. »
Puis :
« C'est beau. »
Puis :
« C'est étrangement précis. »
Puis :
« J'ai envie de le partager. »
Et seulement plus tard :
« Et en plus, ils refusent volontairement de me profiler psychologiquement. »
16. Le Portrait doit être partageable
Chaque strate intéressante doit pouvoir devenir une carte autonome.
Exemple :
L'ÉPREUVE
11 conversations
9 désaccords
Dans 7, la machine cède avant l'auteur.
Ou :
LA DESTINATION
72 % des pièces commencent avec leur destination déjà nommée.
Ces cartes doivent pouvoir être partagées indépendamment.
Elles deviennent le principal mécanisme d'acquisition :
conversation → Portrait → carte → partage → visiteur → création de son propre Eko
Le Portrait n'est donc pas uniquement une fonctionnalité destinée aux utilisateurs existants.
Il doit être conçu comme un moteur de croissance.
17. Le Portrait ne doit pas tout montrer
La sélection est elle-même le produit.
Si neuf strates existent, Eko ne doit pas nécessairement afficher les neuf.
Il choisit les trois, quatre ou cinq dont le signal est le plus significatif.
Un bon Portrait doit donner l'impression :
« Voilà ce qui méritait d'être retenu. »
et non :
« Voilà tout ce que notre pipeline a réussi à calculer. »
Eko n'est pas un dashboard.
C'est un curateur.
18. Le Portrait peut évoluer avec le temps
C'est essentiel pour créer de la rétention.
Un Portrait ne doit pas être un test qu'on fait une seule fois puis qu'on oublie.
Il peut devenir une archive temporelle.
Exemple :
JUILLET → AOÛT
Tes conversations se sont allongées.
Les demandes directement exécutives diminuent.
Trois nouveaux ensembles thématiques apparaissent.
Les corrections explicites du modèle sont deux fois plus fréquentes.
Cette pièce marque le premier changement.
Encore une fois, ne pas dire :
« Tu es devenu plus exigeant. »
Dire :
« Les corrections explicites sont devenues plus fréquentes. »
L'utilisateur décide lui-même ce que cela signifie.
19. Architecture commerciale possible
Le Portrait doit aider Eko à devenir un vrai produit économique.
Gratuit
Le gratuit doit permettre :
- profil public ;
- publication de conversations ;
- œuvres ;
- collections ;
- likes ;
- follow ;
- Portrait limité ;
- quelques cartes ;
- partage.
Le gratuit doit être suffisamment généreux pour permettre au réseau de vivre.
Chaque profil public et chaque carte devient une porte d'entrée vers Eko.
Eko+
L'abonnement paie principalement l'archive et la profondeur, pas des capacités de chatbot.
Fonctions possibles :
- import massif de conversations ;
- historique privé illimité ;
- Portrait complet ;
- évolution mensuelle ;
- comparaison entre périodes ;
- comparaison entre modèles ;
- recherche dans son corpus ;
- collections privées ;
- davantage d'annotations ;
- beaux exports ;
- thèmes de galerie ;
- analyse des neuf strates ;
- historique des Portraits.
Fourchette à tester :
environ 7 à 10 € / mois
Le prix devra évidemment être validé avec de vrais utilisateurs.
Portrait ponctuel
Eko peut aussi vendre un produit sans abonnement :
Portrait conversationnel 2026
L'utilisateur importe son historique.
Eko produit un objet fini contenant :
- les meilleures strates ;
- quelques œuvres importantes ;
- les transformations majeures ;
- des citations ;
- des statistiques ;
- les modèles ;
- une chronologie ;
- des annotations personnelles.
Prix impulsif à tester :
environ 5 à 10 €
Cela permet à quelqu'un de découvrir la valeur du produit sans prendre immédiatement un abonnement.
Eko Pro
Pour les personnes qui utilisent les IA comme instrument de création ou de travail :
- écrivains ;
- chercheurs ;
- designers ;
- développeurs ;
- étudiants ;
- artistes ;
- fondateurs.
Fonctions :
- portfolios ;
- projets ;
- séries ;
- provenance détaillée ;
- versions ;
- analytics visiteurs ;
- domaines personnalisés ;
- embeds ;
- publication avancée ;
- export professionnel ;
- collaboration éventuelle.
Eko devient alors l'infrastructure documentaire autour d'un travail réalisé avec plusieurs IA.
20. Ce qu'Eko ne doit jamais monétiser
La monétisation ne doit pas dépendre de la création de profils psychologiques sensibles.
Ne jamais construire un business autour de :
- la solitude supposée ;
- la dépendance supposée ;
- la vulnérabilité ;
- l'intelligence présumée ;
- les états émotionnels ;
- la personnalité ;
- des catégories psychologiques dérivées des conversations privées.
En particulier, éviter une logique publicitaire du type :
« cet utilisateur semble vulnérable / amoureux / seul / anxieux → afficher telle publicité »
Même si techniquement possible, ce serait contradictoire avec l'identité fondamentale du produit.
Eko doit monétiser :
- la conservation ;
- l'organisation ;
- la beauté ;
- la profondeur de l'archive ;
- la recherche ;
- la publication ;
- la curation ;
- la provenance ;
- l'évolution dans le temps.
Pas la surveillance psychologique.
21. La défense stratégique d'Eko face aux grands modèles
Eko ne doit pas essayer de battre OpenAI, Anthropic ou Google sur la qualité de génération.
C'est une guerre presque impossible.
Et si une fonctionnalité peut être remplacée par :
« demande à GPT de faire ça »
elle possède une faible défense stratégique.
En revanche, les grands modèles produisent une quantité gigantesque de matière.
Plus ils deviennent puissants, plus ils produisent :
- des conversations ;
- des idées ;
- des brouillons ;
- des raisonnements ;
- des explorations ;
- des projets.
Cette abondance crée précisément le problème qu'Eko doit résoudre.
Eko ne dépend pas de l'insuffisance des IA.
Eko dépend de leur abondance.
Si GPT-8 devient mille fois meilleur que GPT-5, ce n'est pas une menace.
Cela crée simplement davantage de matière digne d'être :
- conservée ;
- triée ;
- comprise ;
- reliée ;
- exposée.
C'est une position stratégique beaucoup plus forte.
22. Eko comme infrastructure culturelle
Une manière simple de comprendre l'ambition :
Spotify ne fabrique pas fondamentalement la musique.
Letterboxd ne fabrique pas les films.
Pinterest ne fabrique pas les images.
GitHub n'est pas simplement un éditeur de code.
Ces produits construisent une infrastructure autour d'une activité existante.
Eko doit faire quelque chose de comparable pour les conversations et productions issues des IA.
Les modèles produisent.
Eko leur donne :
- une mémoire ;
- une provenance ;
- une organisation ;
- une vie sociale ;
- une histoire ;
- une existence publique.
23. Le Portrait comme exposition plutôt que dashboard
Il faut résister aux interfaces remplies de cartes statistiques uniformes.
Le Portrait devrait davantage ressembler à une exposition.
Chaque strate peut avoir sa propre mise en scène.
Certaines peuvent être :
- une grande phrase ;
- un chiffre monumental ;
- une bande chronologique ;
- une paire de messages ;
- une carte vide ;
- une série de bifurcations ;
- une confrontation entre deux tours ;
- une constellation de conversations.
La donnée dicte la forme.
Le Portrait doit donner l'impression de parcourir quelque chose plutôt que de consulter un rapport d'analytics.
24. Preuve obligatoire
Toute affirmation importante du Portrait devrait être accompagnée d'une possibilité d'inspection.
Si Eko écrit :
« La première réponse est rarement acceptée telle quelle. »
L'utilisateur doit pouvoir ouvrir :
Voir les pièces
et observer les exemples correspondants.
L'objectif est de créer une relation de confiance :
Eko ne demande jamais à l'utilisateur de croire aveuglément une interprétation.
Le Portrait doit pouvoir montrer ses sources.
25. Une règle pour Claude Code : séparer extraction et narration
Techniquement, il est important de ne jamais demander directement au modèle :
« Analyse cette personne et produis son Portrait. »
Le système devrait idéalement avoir plusieurs étapes.
Étape A — Extraction
Produire uniquement des observations structurées.
Par exemple :
{
"conversation_count": 43,
"direct_destination_openings": 31,
"map_seeking_openings": 12,
"explicit_disagreement_count": 9,
"repair_sequences": 14
}
Et conserver les IDs des conversations et messages servant de preuves.
Étape B — Sélection
Identifier les strates ayant :
- suffisamment de données ;
- un contraste réel ;
- une forme intéressante ;
- des preuves solides.
Ne jamais remplir artificiellement toutes les strates.
Étape C — Narration
Le modèle peut ensuite transformer les observations retenues en prose curatoriale.
Mais il ne doit recevoir aucune instruction lui permettant de déduire une personnalité.
Sa tâche est :
écrire sur les conversations
et non :
écrire sur la personne.
Étape D — Filtre de sécurité épistémique
Avant le rendu, faire passer le texte dans un filtre.
Détecter notamment :
- attribution de traits ;
- diagnostics ;
- causalité psychologique ;
- formulations comme « vous êtes », « vous avez tendance à être », « cela révèle que vous… ».
Si un passage transforme une observation en qualité intrinsèque de l'utilisateur, il doit être rejeté ou reformulé.
26. Exemples de transformations attendues
Mauvais
Vous êtes extrêmement curieux et préférez comprendre plutôt qu'exécuter.
Bon
Sur six conversations exposées, cinq commencent par une demande de compréhension ; une seule confie directement une tâche.
Mauvais
Vous avez une relation de confiance avec l'IA.
Bon
Sur les pièces étudiées, aucune réponse du modèle n'est explicitement contestée.
Mauvais
Vous êtes perfectionniste.
Bon
Cette conversation traverse cinq reformulations successives avant que la réponse soit acceptée.
Mauvais
Vous êtes très indépendant intellectuellement.
Bon
Dans sept désaccords sur neuf, l'utilisateur maintient son cadrage initial après la contradiction du modèle.
27. Le rôle du silence
Il faut explicitement permettre trois états pour une strate :
Signal fort
Afficher pleinement.
Signal faible
Éventuellement ne pas afficher.
Absence significative
Afficher le vide uniquement si ce vide produit réellement quelque chose d'intéressant.
Exemple :
L'Épreuve
Rien ici.
Les œuvres sélectionnées ne contredisent jamais la machine.
Mais il ne faut pas transformer tous les zéros en poésie.
Le silence n'a de valeur que s'il est sélectionné.
28. La meilleure phrase pour résumer tout le système
Plusieurs formulations peuvent guider le développement :
On compte les formes. On refuse les profondeurs.
L'œuvre est le sujet.
L'IA fait. Eko fait exister.
Le moteur mesure. Le curateur choisit. La littérature raconte. L'utilisateur interprète.
Mais la formule la plus fondamentale est probablement :
L'IA FAIT. EKO FAIT EXISTER.
Tout ce qui est ajouté au produit devrait être évalué à partir de cette phrase.
Si une fonctionnalité produit simplement davantage de matière, elle appartient probablement au monde du chatbot.
Si elle transforme la matière existante en quelque chose de :
- durable ;
- sélectionné ;
- relié ;
- compréhensible ;
- visible ;
- partageable ;
- mémorable ;
alors elle appartient à Eko.
29. Résumé opérationnel pour le développement
Pour le Portrait Eko :
- Analyser les conversations comme des œuvres et des interactions, pas comme des tests de personnalité.
- Conserver le modèle utilisé comme partie du médium.
- Construire neuf strates internes d'analyse.
- Ne jamais forcer l'affichage des neuf.
- Sélectionner seulement 3 à 5 strates réellement parlantes.
- Séparer données brutes, narration curatoriale et interprétation utilisateur.
- Toujours pouvoir remonter aux conversations servant de preuves.
- Interdire les traits psychologiques automatiquement attribués à l'utilisateur.
- Autoriser une grande liberté littéraire lorsqu'elle décrit l'œuvre.
- Permettre à l'utilisateur d'ajouter lui-même son interprétation.
- Accepter le vide comme résultat.
- Ne pas transformer le Portrait en dashboard.
- Le concevoir comme une exposition.
- Faire de chaque strate intéressante un objet partageable.
- Utiliser le Portrait comme moteur d'acquisition vers Eko.
- Faire évoluer le Portrait dans le temps pour créer de la rétention.
- Monétiser l'archive, la profondeur, la curation et la publication.
- Ne jamais faire de la surveillance psychologique le modèle économique.
- Éviter toute fonctionnalité dont la valeur principale est déjà reproductible dans ChatGPT.
- Toujours demander : quelle opération Eko fait-il subir à ce qui existe déjà ?
Le Portrait n'est donc pas une IA qui regarde un humain et prononce un verdict.
C'est une machine curatoriale qui regarde une archive et dit :
Voici ce qui s'est réellement passé ici.
Voici ce qui revient.
Voici ce qui a changé.
Voici les moments qui méritent d'être conservés.
Et leur signification finale vous appartient.